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eo Les Spectacles de la Foire.
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1783 : toutes les mefures convenables furent prifes d'accord avec eux pour leur payement fur les recettes du fpectacle jufqu'à leur entière fatisfaction. Le fuppliant et fés affociés en cet état gouvernoient leur fpectacle devenu brillant et affuré du concours du public non-feulement avce la réfolution conftante de payer très-promptement leurs créanciers, mais avec l'efpérance également la plus infaillible de retirer le prix de leurs efforts en fe faifant une fortune honnête qu'ils fembloient mériter.
Mais une révolution la plus terrible arrive pour eux en ce moment. Sa Majefté juge à propos d'attribuer, par arrêt de fon Confeil d'État du 18 juillet 1784, à l'Académie de l'Opéra les fpectacles forains pour les régir ou faire régir, ainfi qu'elle le jugeroit à propos, en les donnant à bail ou autrement. Il eût paru jufte qu'au moins les anciens entrepreneurs, dont on voit que toute la fortune étoit cotnpromife en cette affaire et de plus à qui l'élévation de ce fpectacle étoit due, euffent la préférence fur toute autre perfonne. Celt pourtant ce qui ne fut pas et en vain le fuppliant fit pour lui-même des offres auffi hautes que les nouveaux concurrens, qui furent configriéeschezM'Mar-gantin, notaire de l'Opéra : il ne fut pas entendu et l'adjudication du bail fut faite, fans que nul d'entre eux ait jamais aucunement été appelé, aux fieurs Gaillard et Dorfeuille, directeurs actuels, par bail pour 15 années, du 18 feptembre 1784, moyennant la fomme de 30,000 livres par année. Cependant le bail ayant été paffé fous l'autorité du miniftre équitable dans le département duquel eft cette capitale, les droits des anciens directeurs n'y furent pas omis, et les fieurs Gaillard et Dorfeuille furent expreffément chargés « de leur payer les indemnités et penfions qui leur feroient dues et de s'arranger avec eux, fi faire fe pouvoit, de tout ce qui fervoit à l'exploitation du fpectacle en quoi qu'il pût confifter, à l'amiable ou à dire d'experts, de manière qu'on ne pût rien imputer à l'Académie de l'Opéra, s'il arrivoit ceffation defdits fpectacles ». Ce qui devoit être fait en conféquence de ces claufes du bail étoit que les fieurs Gaillard et Dorfeuille commençaffent par s'accommoder avec les fieurs Maher et confors: 1 ° de leurs falles de fpectacles; 20 dc leurs décorations et habillemens ; 30 de leurs pièces de théâtre, pour pouvoir fe fervir des uns et des autres de ces objets. Cela fait, il devoit être procédé à la liquidation des indemnités et des penfions dues à ces anciens directeurs. Mais comment les fieurs Gaillard et Dorfeuille auroient-ils pu remplir ces conditions ? Il falloit pour cela avoir de l'argent et payer ; ils étoient fort éloignés de ce point. Ces deux particuliers fortoient d'une autre entreprife de fpectacles à Bordeaux, dans laquelle ils avoient échoué, et ne s'étoient retirés qu'avec ce qu'on leur avoit accordé d'indemnité, à titre de grâce, n'ayant eu dans cette entreprife aucune mife de fonds. Us avoient befoin du peu qu'ils poffédoient pour deux chofes dont l'une étoit tant leur propre fubfiftance que les dépenfes journalières dont ils alloient avoir à foutenir le poids pour la tenue de leurs fpectacles, et dont l'autre étoit un payement qu'ils eurent à faire .de partie des créances dont étoient grevés les fteurs Malter et confors. En effet, ces deux particuliers joignirent ici un acte d'artifice à la hardieffe
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